Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud

Réponses de la liste d’union FDSEA / Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud aux questions du collectif pour la loi littoral (Corse Matin du 14/01/2013)



Etes-vous favorables aux préconisations du schéma d’aménagement de la Corse, qui vaut toujours directive territoriale d’aménagement dans l’attente du Padduc, rendant pérennes et inconstructibles les terres de bonnes et très bonnes potentialités agricoles ?

Fer de lance de Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud, l’installation en agriculture est l'une de nos prérogatives premières. Le renouvellement des générations agricoles étant primordial pour la sauvegarde d’une identité, d’un savoir faire et d’un territoire. Chaque jour, nous sommes trop souvent confrontés à la problématique liée à la difficile maîtrise du foncier agricole. Le triste constat étant qu’il est de plus en plus difficile pour des porteurs de projet de mobiliser le foncier nécessaire à leur installation. Nous sommes convaincus que l’agriculture est un vecteur fort du développement de l’île. Si l’agriculture fait partie du patrimoine culturel de la Corse, les terres agricoles font partie indiscutablement de son patrimoine naturel. Elles en sont l’essence même. Nous considérons que la protection des terres agricoles, notamment en zone spéculative est primordiale. Nous sommes déjà très vigilants quant à la préservation des terres agricoles sur les franges littorales, dont les appétits enclins à la requalification sont nombreux. C’est tout naturellement que nous sommes, plus que jamais, favorables à ce que les terres de bonnes et très bonnes potentialités agricoles soient rendues pérennes et inconstructibles. 


Etes-vous favorables à ce que le Padduc reprenne et inscrive dans ses articles ces mêmes préconisations ?

Concernant le Padduc, nous avons, depuis plusieurs mois, en qualité de membre du Conseil Economique et Social de la Corse (CESC), réalisé des travaux dans le souci de la prise en compte de ce que nous considérons comme essentiel. Nous estimons que la réalisation d’une cartographie réelle des terres agricoles et que la création de Zones Agricoles Protégées (ZAP) sont deux vecteurs forts de l’aménagement du territoire. Ainsi, nous veillerons à ce que ces deux orientations soient strictement appliquées et deviennent, aux yeux de tous, non négociables. Le Padduc doit, ainsi, tracer une ligne rouge en faveur de la préservation, mais aussi de la valorisation des terres agricoles. De trop nombreuses surfaces au potentiel agricole incontestable sont, en Corse, en état d’inculture, il s’avère indispensable d’envisager un dispositif incitatif afin de favoriser la résurgence de ce foncier à l’abandon. Enfin, nous sommes favorables à ce que des mesures de protection pérenne soient, également, étendues aux surfaces de petite envergure à forte potentialité agricole. Il apparait clair que nous ne pouvons plus nous permettre de brader, ne serait-ce, qu’un mètre carré de terres agricoles face à une urbanisation dévoratrice d’espaces. 

En tant que personnalité associée à l’élaboration des documents d’urbanisme, veillerez-vous au respect de ces préconisations ?
 
Ces préconisations étant primordiales à la sauvegarde de notre patrimoine, il nous apparait impérieux d’être extrêmement vigilant quant à la classification des terres agricoles, à leurs éventuels changements de vocation et aux divers moyens de contournement du droit de préemption. Notre volonté est de protéger les terres agricoles afin de les rendre accessibles à notre jeunesse, ce dans l’objectif de faire perpétuer notre métier. 

En cas de non-respect par ces mêmes documents d’urbanisme de ces préconisations, vous engagez-vous à les déférer devant le tribunal administratif ?

En tant que personnalité associée à l’élaboration des documents d’urbanisme, nous participerons avec l’appui des techniciens de la Chambre d’Agriculture, et par la consultation, à une meilleure prise en compte des intérêts de notre profession, notamment en termes de protection des terres et de potentialités. Ainsi, nous travaillerons, en amont, de concert avec les collectivités locales, afin de jouer un rôle d’aiguillon et nous veillerons, ensuite, à faire preuve de pédagogie. Nous estimons qu’avant de porter une sanction, il est préférable d’expliquer et de convaincre. Bien sûr, nous formulerons à chaque Commission Départementale de Consommation des Espaces Agricoles (CDCEA), un avis clair et objectif sur les documents d’urbanisme présentés, et nous tenterons de rallier la majorité des institutionnels à notre cause par un argumentaire précis. Il va de soi que si un document d’urbanisme était en contradiction, tant avec nos convictions qu’avec nos préconisations, nous n’hésiterions pas à entamer toute démarche administrative visant à disqualifier un document qui ne serait pas conforme aux orientations définies par le Padduc.

Réponses de la liste d’union FDSEA / Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud  aux questions du collectif pour la loi littoral (Corse Matin du 14/01/2013)