Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud

Lettre Ouverte à M. François Hollande, Président de la République Française



Monsieur le Président de la République,
 
Les Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud, loin des célébrations du 70ème  anniversaire de la libération de la Corse qui fut une étape importante dans notre culture, souhaitent attirer votre attention sur la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les éleveurs de Corse. En effet, vous n’êtes pas sans ignorer que l’île connait une épizootie de fièvre catarrhale, qui décime territoire par territoire, les cheptels ovins.
 
Sans s’attarder sur les carences des services de l’état, qui en occultant complètement l’épizootie déclarée en Sardaigne en janvier 2013, ont agi de manière irresponsable, mettant gravement en péril l’avenir de l’élevage et, par conséquent, de la profession sur le territoire insulaire.
 
A ce jour, nous sommes très inquiets quant à l’impact technico-économique de cet épisode. En effet, les éleveurs de Corse se retrouvent dans une impasse sociale et financière, avec des bêtes improductives frappées par la maladie, affectant le fonctionnement, la productivité et l’équilibre économique des exploitations.
 
Inscrit dans la tradition agricole et culturelle de notre île, l’élevage est un élément majeur de la redynamisation du tissu rural et suscite de nombreuses vocations. Vous avez déclaré, lors du sommet de l’élevage, le 2 octobre 2013, « tout faire pour sauver l’élevage ». Nous estimons légitime de demander au Président de la République qu’il s’engage sur un processus d’indemnisation précis, clair et respecté. Demandée unanimement par la profession, l’indemnité doit porter sur la perte de l’animal, sur la morbidité du cheptel avec une prise en charge du coût alimentaire, et sur la perte de production. Enfin, l’aide ovine pour les exploitations touchées doit évidemment être maintenue. Nous attendons des mesures qui permettront aux éleveurs de compenser les pertes, qui respecteront les revendications légitimes de la profession et qui assureront à l’élevage corse une sortie de cette crise sans séquelles.
 
Par ailleurs, avec la nouvelle Politique Agricole Commune, l’année qui vient est une année charnière pour l’agriculture, et nous sommes extrêmement attentifs quant aux orientations prises par la nouvelle loi d’avenir agricole. Nous regrettons que, lors de votre discours de Cournon, aucune attention n’ait été portée aux régions à forte production identitaire comme la Corse, et notamment sur la reconnaissance de la spécificité des parcours, au-delà d’une simple diatribe sur l’agriculture de qualité. Il nous semble important de souligner que la qualité est le reflet d’un savoir-faire propre à une culture et à une géographie dont la particularité doit être mise en valeur.
 
Nous n’attendons de vous ni déclaration de circonstance, ni belle promesse, si non concrétisée ! Nous attendons de vous des engagements pour l’avenir de la profession en Corse !
 
Sans ignorer l’estime que vous portez au monde agricole, nous espérons de ces marques, le respect de la parole engagée. Croyez, Monsieur le Président, à l’expression de notre considération. 

Lettre Ouverte à M. François Hollande, Président de la République Française