Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud

L’ETAT NOUS MÈNE EN BATEAU !



La situation que traverse notre île à ce jour est suffisamment inquiétante, pour que chacun ait connaissance des faits qui se sont produits les semaines passées. La grave crise de la SNCM, qui a paralysé notre économie pendant trois semaines durant, isolé la Corse des autres régions,  fragilisé nos entreprises, réduit à néant les bienfaits de la saison touristique, est la conséquence d’un Etat défaillant, irresponsable, qui a sacrifié toute une économie, une population, sur l’autel de considérations politiciennes ; Inacceptable que quelques syndicalistes à Marseille, parce que proches de l’aile gauche de ce gouvernement puisse faire entrave à la libre circulation des biens et des personnes, qui est un droit fondamental.
 
Ce chaos a cependant été l’occasion pour l’ensemble des socioprofessionnels de s’unir  autour d’un intérêt commun : l’économie de notre île. L’ensemble des forces vives de cette terre, artisans, commerçants, agriculteurs, industriels, élus consulaires, hôteliers, membres de la société civile ont fait entendre la voix de l’économie corse et de la Corse, qui entreprend tout simplement. Ce mouvement a permis une prise de conscience collective auprès de la population, qui n’accepte plus aujourd’hui d’être prise en otage.
 
Le rendez-vous obtenu par les socioprofessionnels à Matignon a été une fois de plus un rendez-vous manqué. Les mesures d’exonération de charges du troisième trimestre, d’étalement de charges sur le second trimestre qui venaient en soutien à notre économie mise à mal par ce conflit, sont encore une fois de vaines promesses. Nous savons que ces belles paroles ne seront pas suivies dans la limite où ces mesures sont du ressort exclusif du Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) et doivent être validées in fine par le Conseil Constitutionnel. En clair nous n’aurons rien !!! En définitive après nous avoir laissé dans cette situation de paralysie, l’Etat nous largue.
 
Assez de belles paroles, assez de promesses non tenues. L’agriculture en souffre trop et depuis longtemps déjà.
Eligibilité de nos surfaces emmaquisées,  convergence immédiate des DPB  à 70%, augmentation des DPU en 2014 (pis, ils baissent), rien n’est tenu … strictement RIEN ! L’Etat nous balade…
 
Le désengagement de l’Etat est également financier avec une baisse de 24 millions d’euros de sa part dans le fonds FEADER, concernant les aides du second pilier. Le schéma de développement construit avec l’ensemble des filières du monde agricole se trouve fortement impacté.

En diminuant de 36 % le budget, ce sont les plans de mise en œuvre de modernisation qui seront diminués, les développements de circuits courts  qui seront amoindris, l’enveloppe annuelle de la DJA qui sera considérablement baissée avec seulement 6.000€ par DJA sur la part Etat, les plans collectifs  qui ne pourront être réalisés. Cela en dit long sur la volonté de l’Etat de favoriser l’installation.
 
Un exemple concret de désengagement de l’état se traduit dans les Défense des Forets contre les Incendies (DFCI) qui seront désormais de la pleine compétence de l’ODARC, en mobilisant des fonds qui devaient être destinés aux agriculteurs et qui serviront au fonctionnement de ces DFCI.
 
En somme, c’est toute la part de développement, de structuration, et de modernisation de nos exploitations, qui sera amputée. C’est donc nos productions et nos savoir-faire que l’on cherche à dévaloriser !
 
Jamais, nous ne tolérerons cela !
 
Serait-ce une stratégie de l’Etat que de laisser notre île de côté ?
 
Concrètement, l’Etat au delà, de renier ses engagements, de nous isoler, de nous paralyser, cherche de manière très claire à couler la Corse.
 
Aujourd’hui, c’est l’ensemble des insulaires, qui sont touchés par ce mépris, tous les Corses sont frappés. Personne à ce jour n’est dupe de ces comportements, nous ne pouvons laisser cet Etat, ce gouvernement, asphyxier, détruire, ce que chacun, dans son secteur d’activité, a bâti depuis de nombreuses années. Nous ne renierons jamais notre culture, notre patrimoine, notre identité. Aussi, c’est à nous Corses, Jeunes, Ainés, de s’éveiller, de prendre notre destin en main, de rester unis,  mobilisés et solidaires afin de sauvegarder notre terre  et participer au développement de notre île…