Jeunes Agriculteurs de Corse du Sud

Info FCO : Face à l'inertie des services de l'Etat, la profession s'impatiente !



L’épizootie de fièvre catarrhale ovine  a durement frappé, comme chacun sait, de nombreuses exploitations agricoles, en Corse  depuis Septembre 2013. Cette maladie, qui cause d’énormes ravages, chez les petits ruminants, nous est importée des pays du Maghreb et du sud de l’Italie, par le bais d’un moucheron, qui frappe les bêtes et pour lequel, aucune action préventive n’avait été diligentée par les services de l’état. Il faut tout de même rappeler, que l’état a été averti de la migration de la maladie, qui décimait les troupeaux de Sardaigne  lors d’un conseil de santé animal européen,(dont la France est membre)  en date du 10 Avril 2013.
 
Cette maladie a des conséquences désastreuses, sur les ovins, combinant perte de lait, avortement, décès, plongeant les bergers dans le désarroi le plus total, avec des conditions de vie d’une grande précarité,(blocages de comptes, dettes MSA) laissant les exploitations dans une situation financière catastrophique.
 
Suite aux diverses mobilisations actées par les syndicats JA 20 et  FDSEA, la profession avait demandé à ce qu’un plan d’indemnisation  en urgence soit débloqué et ce, en deux volets, afin que dès, le début de l’hiver, les exploitants touchés commencent à être indemnisés. Une fois de plus, nous condamnons, les lenteurs et entraves administratives, qui conduisent  seulement, à ce jour, aux premiers versements sachant qu’aucun agriculteur n’a perçu, le moindre euro, en Corse du Sud.
 
Au sein de cette crise majeure, les services de l’état  ont  demandé aux  éleveurs  de  vacciner les ovins, (condition majeure d’éligibilité à l’indemnisation et de préservation du cheptel), et ont  étendu le dispositif aux bovins et caprins, sachant qu’aucune autorisation de mise sur le marché, n’est effective pour ces derniers et ce sur conseil, des services vétérinaires.
 
Malheureusement, on se retrouve à ce jour, avec soit disant, des porteurs sains (caprins et bovins), qui  subissent les mêmes conséquences à la maladie  que les ovins, avec plusieurs cheptels infectés, en augmentation croissante et de plus, les troupeaux sains vaccinés, développent des problèmes sanitaires conduisant à leur disparition.
 
L’incurie des services de l’état ont conduit les vecteurs forts de notre élevage extensif, dans une impasse sanitaire, financière et sociale, sans précédent, avec des exploitants au bord  de la ruine, morale et pécuniaire, voyant ainsi, des années de dur travail de la terre, s’envoler. On ne s’y serait pas pris autrement, pour éradiquer, les bergers de Corse.
 
L’intersyndicale attend, face à cette crise sans nulle  ampleur, une réaction immédiate, des services de l’état, quant à l’indemnisation sans délai des élevages ovins et ce de manière totale et un nouveau plan d’indemnisation chiffré, précis, qui prenne en compte, les pertes subies, par les éleveurs bovins et caprins. Par ailleurs, la profession attend des réponses claires pour se prémunir de la maladie, pour renouveler les cheptels durement touchés, et comment rester éleveur dans notre région.
 
Il est parfaitement intolérable, que l’on demande aux exploitants d’attendre patiemment l’arrivée de nouveaux serotypes (possibilité 24), pendant qu’ils perdent leurs exploitations et leurs productions !
 
Nous ne laisserons pas mourir nos exploitations face à l’inertie, l’incompétence et l’incompréhension des services de l’état et nous nous réservons le droit d’entamer, tout mouvement syndical, sans préavis.
 
 Assez de discussions, nous exigeons des actes !